Voeux 2017 : « c’est la beauté qui sauvera le monde ? »

C’est avec cette citation extraite de l’Idiot de Dostoïevski que je souhaite commencer ce message de voeux pour la nouvelle année. Jamais de mémoire de stratège la communication n’a été aussi importante pour une PME. Avec de petits moyens, il est possible aujourd’hui de créer des univers esthétiques d’une originalité et d’une qualité qui confinent à l’art. Ou tout au moins à l’artisanat d’art. Mais avant de concevoir ces images, ces sons, ces parfums, ces films, ces objets publicitaires connectés, ces symboles, ces recettes de cuisine personnalisées, ces dessins animés et autres stop-motions, encore faut-il savoir d’où l’on vient et ou l’on va. Le modèle économique et sociétal d’une entreprise dépend de son histoire et de son identité, comme il dépend de ses capacités, de ses savoir-faire, du potentiel que recèle un marché, des opportunités de création de nouveaux marchés, enfin des envies et des charismes de ses dirigeants et de ses collaborateurs. Communiquer sans connaître sa cible revient à suivre une voie tracée par d’autres, dont l’impact commercial, même avéré, peut se trouver à des années-lumière des voies de développement les plus vertueuses pour l’entreprise et son écosystème. Dépassons les simples tendances et les lieux communs, fussent-ils inspirés, pour inventer vraiment.

En cette période hivernale, prenons exemple sur Picasso et Apollinaire qui, transis dans leur atelier de la butte Montmartre, réinventaient l’art et la beauté il y a un peu plus d’un siècle, les mitaines aux mains.


beauté

Comme eux il faut ressentir, certes, mais comme eux il faut aussi raisonner, poser des hypothèses, construire des scénarios, tendre vers des conclusions, puis recommencer, sans cesse, en écoutant le monde , en bénéficiant de tout ce que les universitaires nous transmettent comme outils d’analyse, année après année, étude après étude. Bref, il faut écrire, car sinon comment être capable de valider un scénario, ou un jeu de scénarios, en fonction des hypothèses retenues ? Comment, surtout, s’en souvenir, y faire référence pour répondre aux questions de jeunes collaborateurs qui, tous, se demandent quelle est la direction de l’entreprise ?

Alors oui, l’an prochain, la beauté peut sauver le monde. A condition que beauté rime non seulement avec sensibilité, mais aussi, ni plus ni moins, avec lucidité.

Très bonne année 2017,

Christian Auriach